Décadence, c’est l’Histoire telle qu’on ne l’apprend pas dans les livres d’Histoire, c’est-à-dire l’Histoire qui n’est pas passée par le moule de la civilisation judéo-chrétienne. Et on en apprend de drôles sur Jésus qui ne serait qu’un concept ; sur Saint Paul qui n’a absolument rien d’un saint, et sur tous ces gens que l’Eglise a sanctifié alors qu’ils n’étaient que des assassins sans scrupules ; sur les païens persécutés et non l’inverse ; sur les conciles, comme celui de Constantinople où « le christianisme opte pour une esthétique thanatophilique, là où les premiers chrétiens avaient choisis la vie », c’est-à-dire sur une religion inventée de toutes pièces dans l’intérêt des puissants ; sur l’abbé Meslier, petit curé des Ardennes, et de son Testament qui remet les pendules à l’heure… mais que l’Histoire a préféré oublier ; sur les grands révolutionnaires français de 1789, ratés et psychopathes ; sur Voltaire qui pensait que la religion est destinée à la canaille ; sur Rousseau pour qui la liberté est « l’obéissance à la loi « qu’on »1 s’est prescrite », tandis que la femme telle qu’il la conçoit ressemble étrangement à celle de l’islamisme… et à celle de Pétain presque deux siècles plus tard ; sur André Breton dont certains concepts de son surréalisme aurait pu inspirer les djihadistes ; sur une kyrielle d’intellectuels germanopratin qui, en 1977, signe une pétition pour dépénaliser la pédophilie ; et sur bien d’autres que je ne peux pas citer dans ce texte. C’est, la plupart du temps, effarant !

A la fin de ce pavé de 650 pages, Michel Onfray, après avoir montré que la civilisation judéo-chrétienne est moribonde, prophétise l’avènement mondial de la civilisation islamique. Ses arguments sont assez simples… et je les simplifie encore plus : l’Occident consumériste se désagrège dans un matérialisme individualiste et désenchanté ; son taux de natalité est en chute libre et son armée de métier ne tient pas à mourir pour défendre de vagues valeurs. En face, on a des gens conditionnés par leur religion et obéissants, au taux de natalité galopant et qui n’hésitent pas à mourir pour leurs convictions. Cela prendra le temps qu’il faudra, mais arrivera.

Décadence n’est pas du tout optimiste. La capsule de cyanure n’est pas fournie avec, heureusement…

Yves Emery

1 C’est moi qui souligne l’emploi du « on », comme si le bon peuple avait son mot à dire sur l’édification des lois.

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