En novembre 2018, le Nouvel Observateur a fait paraître un numéro hors-série intitulé : L’ère du porno. Sujet brûlant traité avec tout le sérieux d’un hebdomadaire tout ce qu’il y a de plus honorable. Sujet d’autant plus brûlant que, longtemps limité à une clientèle adulte, le porno s’expose aujourd’hui gratuitement à tout propriétaire d’un smartphone, jeunesse en tête.

« Actuellement, la pornographie est devenue l’expérience sexuelle-émotionnelle la plus courante. Aucun adolescent n’y échappe. Son imaginaire sexuel risque de ne pas être doux et érotique, mais violent et pornographique… Même si pendant le même temps son imaginaire amoureux reste très romantique. » écrit Catherine Solano, médecin sexologue.

En ce qui concerne les adultes, cette même dame souligne : « Mais je m’aperçois depuis quelques années que, pour une très forte proportion d’hommes, la masturbation est indissociable de la pornographie. (…) Heureusement qu’il existe encore des hommes qui continuent de faire voyager leur imagination érotique sans le recours à des images industrielles et peu respectueuses des personnes filmées. »

Me reconnaissant parmi ces derniers, une question s’impose alors à mon esprit : la grande majorité des hommes manquerait-elle totalement d’imagination ? Si une majorité d’hommes manque cruellement d’imagination pour se livrer à une pratique aussi physiologique, comment pourrait-elle en avoir pour être capable de se projeter dans l’avenir et imaginer les conséquences d’une conduite ayant « recours à l’Industrie et peu respectueuse de l’environnement » ?

Voilà un constat qui fait froid dans le dos ! Et il semble qu’il ne faille pas attendre après les jeunes hommes pour redresser la barre… si je puis dire. En revanche, il semble aussi que les femmes aient nettement moins recours à de tels expédients. L’avenir de la planète leur appartient sans nul doute…

Yves Emery